« Les Enfants des autres », « Juste sous vos yeux », « Moonage Daydream »… Les films à l’affiche cette semaine


LA LISTE DE LA MATINALE

Se pressant aux portillons des salles en cette rentrée chargée, les films de la semaine explorent la part secrète de leurs personnages : la sourde douleur que traîne l’héroïne spleenétique de Juste sous vos yeux, dernière dérive sentimentale en date du stakhanoviste sud-coréen Hong Sang-soo, la maternité en berne d’une enseignante quadra dans Les Enfants des autres, de Rebecca Zlotowski, ou la valse de reflets habillant la popstar David Bowie dans le documentaire musical Moonage Daydream, de Brett Morgen.

« Juste sous vos yeux » : la grâce de l’instant

La filmographie de Hong Sang-soo est un organisme vivant. Prolifique, perpétuellement en mouvement, insaisissable. L’auteur du Jour où le cochon est tombé dans le puits (1996) enchaîne, depuis plus de vingt-cinq ans, les films à une cadence infernale.

A la quête de ce qui se passe entre les hommes et les femmes, de ce qui définit la nature du désir et son inscription dans le temps, s’est ajoutée, depuis quelques titres, une réflexion sur les rapports entre générations, une méditation sur la finitude et la mort. Juste sous vos yeux vient affirmer spectaculairement l’inflexion donnée à son œuvre.

Le film est le récit d’un retour. Celui de Sang-ok (Lee Hye-young), une femme dont on devine qu’elle a vécu loin de la Corée durant des années et qui revient, après plusieurs années d’absence, sur les lieux de sa jeunesse. Le cinéaste, existentialiste par essence, livre une méditation sur les cycles de la vie, la prise de conscience que chaque vibration de celle-ci serait à la fois contingente et sublime.

La mort donne-t-elle un sens à la vie ? Telle est la vertigineuse interrogation posée par la description de ces vingt-quatre heures de la vie d’une femme. Jean-François Rauger

« Juste sous vos yeux », film sud-coréen de Hong Sang-soo. Avec Lee Hye-young, Cho Yun-hee, Kwon Hae-hyo (1 h 25).

« Les Enfants des autres » : maman pour tous et pour personne

Rachel (Virginie Efira), 40 ans, n’a pas d’enfants, mais elle est entourée de ceux des autres, et, pour la première fois, le cinéma prend le parti de la sobriété et de l’intériorité pour représenter celles que la médecine appelle « nullipares ». Il délaisse les figures ressassées de la quadragénaire stérile désespérée sur le chemin des injections hormonales et de la militante écologiste qui tourne le dos au pouponnage pour alléger le bilan carbone.

Rebecca Zlotowski, dont c’est ici le film le plus autobiographique, propose un angle d’attaque astucieux qui ouvre de nouvelles perspectives. On n’attendait rien de moins de la part d’une cinéaste, diplômée de Normale-Sup et de la Fémis, qui, depuis dix ans, réalise des portraits de femmes en quête de sophistication pour échapper à la condition d’un bonheur élémentaire.

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